Le 12 mars marque une date à entourer pour tous les amateurs d’action-aventure qui cherchent un souffle nouveau. 1348 Ex Voto débarque sur PC (Steam, Epic Games Store) et PlayStation 5 avec une proposition audacieuse : embarquer les joueurs dans une Italie du XIVe siècle ravagée par la peste noire, sans transformer l’expérience en visite guidée poussiéreuse ni en festival de pirouettes improbables. Derrière ce jeu médiéval se cache Sedleo, un studio italien composé de 15 vétérans de l’industrie, épaulé par l’éditeur montpelliérain Dear Villagers. Le directeur Tom Oceano résume l’ambition avec des mots qui sonnent comme un engagement sincère : “Nous sommes ravis de pouvoir enfin vous montrer ce sur quoi nous avons mis tout notre cœur et notre énergie ces dernières années.” Ce jeu innovant promet des combats inspirés des arts martiaux historiques européens (HEMA), une progression soignée et une narration centrée sur Aeta, une chevalière errante lancée à la recherche de Bianca, enlevée par des bandits. L’édition Standard est affichée à 24,99 EUR, tandis que la Deluxe monte à 29,99 EUR avec un artbook numérique. À noter que la version Xbox Series a été annulée pour concentrer les ressources sur les plateformes retenues, un choix qui peut décevoir mais qui traduit aussi une volonté de stabilité technique.
Un contexte historique sombre et des enjeux humains au premier plan
L’univers de 1348 Ex Voto plonge dans une aventure médiévale qui ne mise pas sur le folklore léger. L’Italie du XIVe siècle traverse une période chaotique, marquée par la propagation de la peste noire, les conflits politiques, les exodes ruraux et l’émergence de groupes fanatiques religieux. Ce contexte devient le terreau fertile d’une narration qui refuse les héros immaculés. Aeta, doublée en anglais par Alby Baldwin, incarne une chevalière errante dont le seul objectif est de retrouver Bianca, doublée par Jennifer English. Ce point de départ, volontairement intime, donne au récit une dimension humaine qui tranche avec les épopées grandiloquentes habituelles.
Autour de ce fil conducteur, le jeu déploie une galerie de tensions sociales qui enrichissent l’arrière-plan. Les mercenaires, bandits et factions religieuses créent une atmosphère de menace constante. La foi ambiguë et les offrandes ex-voto, ces témoignages de gratitude ou de supplique, deviennent des éléments narratifs centraux. Les thèmes de l’honneur, de la justice et du sacrifice traversent l’expérience sans tomber dans la caricature. Cette approche rappelle que le moyen âge n’était pas qu’une période de chevaliers en armure rutilante, mais aussi une époque de survie, de doutes et de choix difficiles.
Le studio a fait le choix d’une exploration dirigiste, avec un chemin unique à travers l’Italie rurale, les Apennins, des villages, des châteaux et des ruines romaines. Cette structure en tunnel permet de contrôler le tempo et la mise en scène, évitant la dilution narrative qui peut affecter les mondes ouverts. L’aventure couvrirait environ un an de temps in-game, ce qui suggère une progression marquée, potentiellement ponctuée de saisons ou d’événements marquants. C’est un parti pris qui peut frustrer ceux qui aiment l’exploration libre, mais qui garantit une densité narrative et une cohérence visuelle soutenues. Pour ceux qui apprécient les univers dirigés et les récits denses, cette approche peut rappeler certains titres narratifs où chaque lieu raconte une histoire. D’ailleurs, les amateurs de construction d’univers médiévaux pourraient aussi apprécier des expériences complémentaires comme les jeux de construction de ville qui permettent de façonner des cités entières.

Des combats HEMA qui changent la donne
Le cœur de l’expérience repose sur un système de combat inspiré des arts martiaux historiques européens (HEMA). Sedleo a collaboré avec des experts et utilisé de la motion capture pour donner du poids et de l’intention à chaque geste. Exit les coups d’épée génériques qui fendent l’air sans conviction. Ici, chaque frappe est pensée, chaque posture a son importance. Le joueur dispose de deux postures principales : une main pour des attaques rapides et une capacité d’esquive, et deux mains pour des frappes plus lentes mais dévastatrices. Cette dualité crée un rythme de combat qui demande de la lecture et de l’adaptation.
Les combos se débloquent via des livres de compétences, un système qui évoque une progression organique. Plutôt que de débloquer des mouvements au hasard, le joueur accède à des enchaînements précis qui enrichissent son arsenal. Cette approche donne un sentiment de maîtrise progressive, où chaque nouvel outil modifie la façon d’aborder les affrontements. Le système ne prétend pas être une simulation pure, mais il respecte assez les principes du combat historique pour offrir une expérience qui se distingue des action-aventure classiques. Les duels deviennent des échanges tactiques où l’observation de l’adversaire prime sur le spam de boutons.
La personnalisation de l’épée joue aussi un rôle clé. Le joueur peut ajuster la garde, la lame, la poignée et le pommeau pour façonner un outil adapté à son style. Ce n’est pas une question de débloquer des armes mythiques, mais de construire une arme qui accompagne le personnage tout au long de l’aventure. Cette dimension artisanale renforce l’immersion dans cet univers médiéval crédible. Côté progression, un arbre de compétences structuré autour de quatre axes (Prudentia, Audatia, Fortitudo et Celeritas) permet de moduler les capacités d’Aeta. Prudence, audace, solidité et vitesse deviennent des orientations stratégiques qui influencent directement le gameplay.
Une progression qui respecte le joueur
Le système de progression de 1348 Ex Voto évite les pièges des arbres de compétences inutilement complexes. Les quatre branches offrent des choix lisibles, sans noyer le joueur sous des dizaines de compétences redondantes. Chaque point dépensé a un impact concret sur le style de jeu. Un joueur qui privilégie Celeritas se concentrera sur la vitesse et l’esquive, tandis qu’un adepte de Fortitudo misera sur la résistance et la puissance. Cette clarté permet de construire un personnage cohérent sans passer des heures à optimiser des pourcentages.
Les livres de compétences ajoutent une dimension narrative à la progression. Plutôt que de débloquer des capacités via un menu abstrait, le joueur découvre des techniques en trouvant des manuscrits, ce qui renforce le lien entre exploration et évolution du personnage. Cette mécanique rappelle que le savoir, au moyen âge, était précieux et souvent gardé jalousement. Chaque nouveau combo devient une récompense concrète, un outil à tester immédiatement. Cette approche pédagogique rend la montée en puissance plus satisfaisante qu’un simple défilement de chiffres.
- Deux postures pour varier le rythme des duels et s’adapter aux ennemis
- Livres de compétences pour ouvrir de nouveaux enchaînements et enrichir le gameplay
- Pièces d’épée à ajuster pour façonner un style personnel et unique
- Quatre branches de progression pour orienter Aeta selon les préférences du joueur
- Motion capture et collaboration HEMA pour un réalisme des mouvements
Une direction artistique et technique qui vise haut
1348 Ex Voto tourne sous Unreal Engine 5, un moteur qui a déjà prouvé sa capacité à livrer des environnements riches et détaillés. Le studio exploite cette technologie pour recréer une Italie médiévale crédible, avec des ruines romaines, des villages abandonnés et des paysages ruraux marqués par la peste. L’utilisation de ce moteur n’est pas une garantie magique de qualité visuelle, mais elle indique une ambition technique qui dépasse le simple habillage. Les environnements jouent un rôle narratif, chaque lieu portant les traces de la crise qui ravage la région.
La conception artistique évite le piège du folklore fantasmé. Pas de châteaux de conte de fées ni de villages pittoresques figés dans le temps. Les décors reflètent une époque de transition brutale, où la beauté côtoie la désolation. Cette approche donne à l’exploration une dimension mélancolique, où chaque découverte raconte une histoire de survie ou d’abandon. Les ruines romaines, par exemple, rappellent la grandeur passée face à la fragilité du présent. Cette stratification historique enrichit l’univers sans nécessiter de longs dialogues explicatifs.
Le doublage annoncé uniquement en anglais, sans version italienne communiquée, pose une question intéressante. Pour un jeu qui se déroule en Italie et porté par un studio italien, ce choix peut sembler paradoxal. Cependant, il reflète aussi une réalité de production où l’anglais reste la langue de référence pour toucher un public international. Alby Baldwin et Jennifer English apportent leur expérience au service d’Aeta et Bianca, avec une crédibilité vocale qui compense l’absence de la langue locale. Reste à voir si ce choix créera une friction pour les joueurs attachés à l’authenticité linguistique ou si l’immersion passera par d’autres canaux.
Une démo prometteuse et un lancement maîtrisé
Le jeu a été dévoilé à la Gamescom de Cologne en août 2025, avec une démo permettant de tester les combats et l’exploration des camps. Les retours ont souligné la solidité du système de combat et la richesse des environnements. Cette approche transparente permet de jauger les attentes et d’ajuster les derniers détails avant la sortie. La décision d’annuler la version Xbox Series, bien que regrettable pour certains joueurs, traduit une volonté de livrer un produit stable sur les plateformes retenues plutôt que de disperser les ressources.
Le lancement se concentre donc sur PC et PlayStation 5, avec des éditions exclusives PS5 via Meridiem. La Limited Edition inclut le jeu, une lettre d’Aeta et un DLC, tandis que la Golden Edition ajoute une jaquette spéciale, un artbook et un patch. Ces éditions physiques séduiront les collectionneurs qui apprécient les objets tangibles. Pour les joueurs numériques, les versions Steam et Epic Games Store offrent une accessibilité immédiate. Le tarif de 24,99 EUR pour l’édition Standard place le jeu dans une zone de prix abordable, ce qui pourrait favoriser une adoption large.
| Édition | Contenu | Prix |
|---|---|---|
| Standard | Jeu de base | 24,99 EUR |
| Deluxe | Jeu + artbook numérique | 29,99 EUR |
| Limited Edition PS5 | Jeu + lettre d’Aeta + DLC | Non communiqué |
| Golden Edition PS5 | Jeu + jaquette spéciale + artbook + patch | Non communiqué |
Un jeu de rôle qui ose la matière et le geste
1348 Ex Voto se positionne comme un jeu de rôle qui refuse la facilité. Le personnage d’Aeta n’est pas un héros surpuissant destiné à sauver le monde, mais une guerrière confrontée à une quête personnelle dans un contexte hostile. Cette dimension humaine donne du poids aux choix narratifs et aux affrontements. Chaque duel devient un moment de tension, chaque découverte un fragment de récit. Le jeu ne cherche pas à impressionner par des explosions ou des effets pyrotechniques, mais par la cohérence de son univers et la précision de ses mécaniques.
L’aspect immersif repose sur plusieurs piliers. La direction artistique évite le clinquant pour privilégier l’authenticité. Les combats demandent de l’attention et de la lecture, évitant le spam de boutons. La progression respecte le rythme du joueur, sans le noyer sous des menus inutiles. Cette approche peut rappeler certains titres qui misent sur la densité plutôt que sur l’étendue, où chaque heure de jeu apporte une réelle plus-value. Pour ceux qui apprécient les univers où chaque élément raconte une histoire, cette fantasy médiévale pourrait offrir une expérience marquante.
Le contexte historique de la peste noire ajoute une couche de gravité rarement exploitée dans les jeux vidéo. Cette pandémie a bouleversé l’Europe médiévale, tuant entre 30 et 60 % de la population selon les régions. Les conséquences sociales, économiques et religieuses de cette catastrophe offrent un terreau narratif riche. 1348 Ex Voto utilise ce contexte non pas comme un simple décor, mais comme un moteur narratif qui influence les comportements des personnages et l’atmosphère générale. Cette approche rappelle que le jeu hors du commun peut naître d’un ancrage historique fort plutôt que d’une surenchère de mécaniques.
Une équipe passionnée et un projet maîtrisé
Sedleo est un studio composé de 15 vétérans de l’industrie, un format qui permet une collaboration étroite et une vision partagée. Cette taille d’équipe favorise la communication et la cohérence artistique, évitant les compromis que peuvent imposer les grandes productions. Tom Oceano, directeur du jeu, insiste sur l’investissement émotionnel de l’équipe, un élément qui transparaît souvent dans les jeux indépendants ou de taille moyenne. Dear Villagers, l’éditeur basé à Montpellier, apporte son expérience dans l’accompagnement de projets ambitieux, assurant une visibilité et une distribution efficaces.
Le choix de se concentrer sur PC et PlayStation 5 après l’annulation de la version Xbox Series témoigne d’une gestion pragmatique des ressources. Plutôt que de livrer un produit dispersé sur plusieurs plateformes avec des compromis techniques, l’équipe privilégie la stabilité et la qualité sur deux supports. Cette décision peut décevoir certains joueurs, mais elle reflète une maturité de production rare dans un secteur où la surambition mène souvent à des lancements chaotiques. Les amateurs de jeux de rôle ambitieux connaissent la valeur d’un lancement maîtrisé, où chaque plateforme bénéficie d’une attention particulière. Dans cette veine, d’autres jeux de rôle à succès ont montré qu’une approche ciblée porte souvent plus de fruits qu’une stratégie multiplateforme précipitée.
| Caractéristique | Détail |
|---|---|
| Studio | Sedleo (Italie, 15 vétérans) |
| Éditeur | Dear Villagers (Montpellier) |
| Moteur | Unreal Engine 5 |
| Plateformes | PC (Steam, Epic) et PlayStation 5 |
| Doublage | Anglais (Alby Baldwin, Jennifer English) |
| Période couverte | Environ un an in-game |
Une proposition qui assume ses choix
1348 Ex Voto se distingue par sa volonté de proposer une expérience cohérente plutôt qu’un catalogue de fonctionnalités. Le choix d’une exploration dirigiste, loin de constituer une limitation, permet de contrôler le rythme narratif et de garantir une densité d’événements. Les combats HEMA apportent une profondeur tactique rare dans les action-aventure, transformant chaque duel en moment de tension calculée. La progression, structurée autour de quatre axes clairs, évite la dilution des talents inutiles et respecte le temps du joueur. Cette approche témoigne d’une maturité de conception qui privilégie la qualité à la quantité.
Le contexte historique de la peste noire offre un cadre narratif fort, loin des univers génériques de fantasy. Les thèmes de l’honneur, de la justice et du sacrifice résonnent avec une intensité particulière dans un monde en pleine déliquescence. Aeta et Bianca incarnent cette tension entre l’intime et le collectif, entre la quête personnelle et les bouleversements sociaux. Cette dualité donne au récit une épaisseur qui dépasse le simple sauvetage de princesse. Le jeu ne cherche pas à édulcorer le moyen âge, mais à en restituer la complexité et les contradictions.
L’annulation de la version Xbox Series, bien que regrettable pour une partie du public, reflète une gestion de projet réaliste. Mieux vaut livrer un produit abouti sur deux plateformes que disperser les efforts et risquer un lancement bancal. Les éditions physiques exclusives PS5 via Meridiem montrent une volonté de soigner les amateurs d’objets collectors. Le tarif de 24,99 EUR pour l’édition Standard place le jeu dans une zone accessible, ce qui pourrait favoriser une adoption large malgré l’absence de version Xbox. Le 12 mars approche, et 1348 Ex Voto pourrait bien prouver qu’un jeu médiéval peut être à la fois innovant, immersif et respectueux de son univers sans tomber dans la reconstitution rigide ou le folklore creux.



